Poèmes

Rue Rousselet

par Jacques Réda

De la rue avec son vieux mur on dit qu'elle s'enfuit.
C'est vrai sur quelques pas après l'angle, puis tout

s'apaise,
Et le vieux mur devient son propre reflet dans une eau
Très ancienne ; et si l'on marchait, changerait-on de vie
Ou d'âme avant d'atteindre l'angle opposé qui navigue
En un temps différent, dans la lente clarté fragile
Des feuilles d'un jardin clos sur les souvenirs ?

La clé,
Nous l'avons vue un jour briller entre des livres, doigts,
Nuages oubliés ; tous les rayons du soir la cherchent
Parmi la symétrie énigmatique des balcons
Où le ciel vacillant se penche pour attendre une ombre ; —
Oblique à travers la douceur fugace de la rue,
Elle s'enfuit déjà par tout l'oblique de nos coeurs.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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