Poèmes

Hôtel Continental

par Jacques Réda

La solitude a justement ce nom doux et froid qu'on

prononce
Et qui ramasse un peu l'âme dans la clarté rompue.
Alors de l'abandon et du retranchement surgit une figure
Qui fait signe à son tour sous les feuilles du papier peint,
Dans le grincement de l'armoire et les marges du livre
Illisible pour le regard qui de loin nous traverse.
Mais sans nom prononçable est cette fosse qui sépare
En deux l'être et, de chaque battement du coeur,
Fait un choc de porte marquée après l'expulsion.
Me voici maintenant au bord de la dernière marche,
Là où le réconfort naît de la présence d'une chaise
Et de la cavité murmurante du lavabo ;
Où la main de la solitude elle-même s'est dessaisie
Et me laisse comme le jour où sous la pluie, après votre

départ,
J'ai vu dans un cercle du temps qui n'est pas mesurable
Battre, fer contre fer, la petite porte du square.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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