Reflets, Guillevic
Poèmes

Reflets

par Guillevic

Est-ce qu'on peut dire

Que l'eau est venue d'ailleurs?

Est-ce qu'elle n'est pas
Partout chez elle,

Toujours à demeure,
Le temps d'être là?

Si l'eau est arrivée,

Ce n'est peut-être pas,
Pas seulement,

Pour venir à cette lumière.

*

C'est plutôt la lumière
Qui est venue d'ailleurs.

Pour faire parler.

Où est maintenant
L'horizon?

Commence l'itinéraire?

*

Durer, durer,
Dit l'eau.

Et la lumière
N'entend pas

Ou fait semblant.

Bien malin qui dira
Laquelle des deux,

De l'eau,

De la lumière,

Joue au mystère.

*

Caresse-moi,
Dit l'une.

Caresse-moi,

Dit l'autre.

En attendant.

On pourrait s'arrêter
Dit l'une, dit l'autre.

On pourrait à tout jamais
Se plaire ici.


Mais l'appel
Vous vrille.

*

Possible,

Dit l'eau,
Dit la lumière,

Aux voisins,

Aux voyageurs.

Possible pour vous
D'aller ailleurs

A travers nous.

Nous parlons,
Disent-elles,

D'un pays

Que nous ne connaissons pas.

Que nous soupçonnons.

*

Nous soupçonnons
Que c'est en vous
Qu'est ce pays

Dont nous parlons,
S'il faut vous croire.

Filtrez donc cette lagune

Dans vos appareils

Et voyez ce qu'il en reste.

C'est nous,
Disent vers le soir
La lumière et l'eau,

C'est nous,

Le point d'orgue.

Plus que l'éclair agrippant
Le sommet des vagues,
Cette soirée
Devenue point d'orgue

Nous accomplit.

*

Tout doit toujours Être recommencé,
Nous le savons.

Mais cela fut,
Ces noces,

Et la question
Dans le point d'orgue.

Nous repartirons.
Le temps peut-être que se taise
Le rossignol
Et crie la mouette.

*

Ne dites pas
Que ce point d'orgue

C'est la fatigue,
Le repos.

Nous savons, nous,
Que le repos
N'est pas possible.

Autre
Est l'extase.

Oui,

Dit l'homme

Près de ce qui est
Encore la mer
Au soleil couchant,

Oui, c'est vous

Qui nous faites rêver

De l'impossible.

Le nuage

Est un compromis

Qui vous échappera.

Dans le présent,
Il vous reçoit.

Dans le nuage

La transparence de l'eau,
Celle de la lumière

Deviennent du blanc
Qui tend au noir.

Voir

Que c'est la lumière

Qui a donné à l'eau
La force

De monter,
De voguer.

Parenté
De l'eau et de la lumière :

Le gel
Qui prend l'une et l'autre
Au petit matin.

Le cri, plus loin,
Peut-être d'un oiseau.

*
L'eau,
La lumière.

La glace
Est la gaieté
De votre deuil

Aux gouttières des toits.



Poème publié et mis à jour le: 12 mars 2014

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top