Psychose poème de Andréa AMISADOR
Poèmes

Psychose

par Andréa AMISADOR

Des fois où personne ne me comprend, j'ai l'impression de vivre un cauchemar: mes pires pensées / abhorrations, ce que j'aspire à ne pas être / faire, s'érigent  malgré moi devant mes yeux. Tout ce que j'ai toujours essayé de fuir prend la forme que je ne souhaitais pas:  un camarade, un ami, quelqu'un que j'admire et apprécie ,un membre de ma famille ou pire encore, moi- même.
Ici, la véritable terreur me tient par la gorge des jours entiers. Fuyant tous ces vices dans les longs tunnels de la folie, je me retrouve à des sortes de carrefours existentiels. Je n'ai alors d'autres choix que de trouver l'issue vers de plus grands vices encore. Ces vices, ces démons sont la haine et le mépris des autres -étrangers, fortunés, intellectuels, misérables, nationalistes ou indigènes, obscurantistes,religieux, tous et toutes au final- , la sordide conviction de supériorité, la malhonnêteté, le déshonneur, l'incapacité à concevoir le non-dit comme l'indicible etc...
Progressivement, un mal-être émerge :  je conçois que ces démons sont aussi miens. Dans mon éternelle fuite, je garde un pied parmi un ou plusieurs d'entre eux. Je reviens à mon rond point. Une issue s'offre à moi, possibilité de m'en sortir ou autre biais/vice et non voie./chemin vers la sagesse  ?  Je n'écrirais pas si j'avais la bonne réponse. Là encore je traverse ce problème et peut- être que pensant m'élever, je me dirige droit vers le mur. Ne pas sentir la douleur ne signifie pas ne pas avoir mal. Du moins je crois m'élever et l'écriture me donne la conviction que pour avoir été englué dans l'éternelle, stupide, connue et reconnue erreur, j'avance peu à peu.
Combien de fois je me suis trouvé dans cette situation et ai pu écrire ce texte? Je serai à la droite de Dieu si j’avais la réponse. Aussi, c'est comme cela que je me dois d'avancer  :  dans la perpétuelle remise en question. Il s'y trouve le seul moyen que je connaisse de ne pas s'embourber dans les vices ou les fanatismes.
Même si cela n'est pas toujours rassurant, c'est le seul moyen que je connaisse de m'éloigner de l'ignominie généralisée. Peut-être que cela me fera rencontrer quelque uns ou quelque chose d'admirable dans ma fuite.
Désormais, je pense que tout un chacun , s'il veut voir paraître l' ordre et la vérité en ce monde , doit se trouver dans cette fuite. Du moins, il ne peut garder quiétude à rester dans son confort étoffé d'écran et d'hypocrisie et doit la trouver dans le salut dans la pensée :  elle seule amnistie du conformisme intellectuel, quotidien, sociétal voire systémique. Où est le bonheur dans tout cela? Trouver quelqu'un avec qui tomber? Ou quelqu'un de rassurant? Devenir ermite? 


Poème publié et mis à jour le: 03 juin 2019

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