Poèmes

un peu d'écoute

par vincent becasse

Long couloir linéaire aux pâles lumières,
Une stagiaire passe la serpillière.
Comment faire tourner cette fourmilière ?
Se querellent le docteur et l'infirmière .

Restrictions budgétaires en ligne de cause,
Le toubib se plaint des moyens dont il dispose.
La jeune femme demande autre chose,
Plus de bras, plus de temps, du respect et des pauses.

Des bras de professionnel pas de novice,
Apprentis à moindre coût en sacrifice,
Puisés dans le vivier tel des écrevisses,
Chargés de laver les selles et les pisses.

Plus de temps pour le souffrant dans son lit mourant.
Un meilleur comportement de son référent.
Il n'est pas un numéro, il a des parents !
Des petits enfants, qui pleurent désespérant.

Plus de respect des patients et des familles.
Marre des injures quand elles plantent l'aiguille !
Des éclairs de colère dans les pupilles !
Des grossièretés sur leurs corps de jeune fille !

Plus de pauses après l'annonce pénible,
Les mots posés sur des peines indicibles.
Concentrées et complètement disponibles,
Avant une intervention hypersensible.

Le chef de service lui sourit amusé.
Le conseil d'administration est l'accusé.
Ses demandes continuellement refusées
Les crédits de l'état sont déjà épuisés.

Lui il ne parle que de chiffres et d'argent !
Elle elle s'oppose à cataloguer les gens !
Lui il doit rendre des comptes aux dirigeants !
Elle espère plus de sentiments émergents.

Chacun retourne ensuite à sa charge.
Elle effectue la tournée de son étage,
Lui retrouve sa Mercedes au garage.
Chacun récolte de sa peine le partage !



Poème publié et mis à jour le: 23 fvrier 2019

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