Poèmes

Nirvana

par Souleymane Yacouba Sidibé

NIRVANA
J'ai fait un rêve hier soir : les rues étaient débarrassées des épaves qui encombrent la circulation et des immondices qui polluent l'air que nous respirons. Les gens au petit matin échangeaient un " bien le bonjour !" chaleureux et se faisaient courtoisement une petite place dans les taxis et les transports en commun.
Nos routes nationales et secondaires ne comportaient plus de nids de poule et déroulaient leur bitume à travers le territoire comme un long fleuve tranquille, au grand bonheur des usagers. Les adeptes de randonnées piétonnes s'en allaient gaillardement le long des sentiers solitaires, dormant à l'occasion à la belle étoile. Les caravaniers et les forains cheminaient allègrement côte à côte dans une humeur festive vers des horizons lointains.

Mais, diantre, je m'égare, mes frères. Dure réalité, je parle des rues sombres de nos villes au détour desquelles un bandit ne vous guette pas, de personnes agitées qui ne s' essoufflent plus à force de jurons et d'insultes, de routes débarrassées de mines sur lesquelles ne sautent point des véhicules de voyageurs, de dunes qui ne seraient plus des sanctuaires de preneurs d'otages et où le rêveur solitaire n'a plus droit de cité, de chemins vicinaux qui ne sont nullement hantés par des terroristes de tout acabit qui assassinent des forains de retour des marchés saisonniers, d'un théâtre dénué de rancœur, de haine et de violence gratuite.

Bref, je vous parle d'un monde qui passe, actualité oblige, pour une chimère, mais qui est à portée de main pourvu que nous y croyions et que nous prenions la peine d'y consacrer toute notre énergie.

Souleymane Sidibé
17 août 2015

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