Poèmes

La Foi

par Souleymane Yacouba Sidibé

LA FOI
Aucun fossé n'est assez large
Que ma foulée ne puisse enjamber.
Nulle épreuve n'est suffisamment rude
Que mon endurance ne saurait vaincre.
Aucune  pression ne serait intimidante
Au point d'ébranler ma force tranquille.

Aucune distance ne pourrait résister
A ma détermination d'arriver à son terme.
Jamais menace ne suscitera panique
Pour me faire déserter mes positions.
Qu'importe  l'opacité d'une nuit d'encre
La flamme de mon regard la percerait.

Nulle intoxication savamment distillée
N'aura prise sur ma conscience aguerrie.
Le sarcophage du désespoir le plus profond
S'ouvrirait au contact de mon entrain.
Les momies du monde entier se dérideraient
Gagnées par mon humeur contagieuse.
 
Toute l'eau des océans et mers réunis
Serait bien impuissante à éteindre
Le volcan impétueux qui brûle en moi.
La force conjuguée d'Hercule et de Goliath
Peinerait sans doute à porter le poids
Des résolutions et rêves qui m'habitent.

Du néant le tsunami le plus dévastateur
Pourrait déferler sans crier gare
Le monde entier dût-il s'écrouler
Comme un banal château de cartes
Ou la terre s'enrouler comme une natte
Rien ne parviendra à perturber ma sérénité.

Comme sur les pyramides les années
Glissent sur mon visage intemporel
Sans y creuser les sillons de leurs rides.
Semblable au mythe du diamant inaltérable
Ma légende au fil des jours draine avec elle  
La juvénile fraîcheur d'une aurore boréale.

Car mon chemin est une ligne droite unie
Qui repose sur un plancher sans  bosse
Un toit ouvert à l'infini le surplombe
Sur lequel vogue une constellation étoilée.
Il est tranquille comme une eau sans onde
Et rassurant comme la poitrine d'une mère.

Dans sa voilure nul orage ne se prépare
Aucune tempête dévastatrice ne couve
La rancune surgie des tréfonds du néant
S'est depuis heurtée en vain aux remparts
De la forteresse de mon coeur apaisé.
Je demeure fougue et calme réconciliés.

D'où viennent cet accomplissement divin
Cette assurance intérieure qui se mire
Dans la limpidité du regard de l'innocence?
Quel secret jardin cultive cette puissance
Capable de draper d'un manteau d'impuissance
Les éléments coalisés d'une nature déchaînée?

Cette chose est une amante attachante
Qui éveille en vous l'étincelle invincible.
Parfois, infidèle compagne, elle quitte l'infortuné
Qui sans repère mène une vie d'errance.
Elle rayonne dans son manteau de sainteté
Qui lui confère un parfum de noblesse.

Elle ne s'apprend point avec un précepteur
Et ceux qui sont frappés de sa grâce
La disent tantôt innée, tantôt cultivée. 
Elle vibre réellement au diapason du coeur
Vit en osmose avec le corps et l'âme
Elle vous habite et se nomme la Foi.

Souleymane Sidibé
(16 décembre 2015)

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