Marines, Paul Eluard
Poèmes

Marines

par Paul Eluard

I

Je me suis pris à caresser
La mer qui hume les orages

II

Ma bouche au ras des flots buveuse de paroles

Prenant l'or au soleil sur un chemin d'or chaud

Comme foule pressée entraînée exaltée

Les vagues les étés dans cet arbre ajouré

Dans cet arbre accessible aux couleurs et aux hommes

Leur azur leur ciel pur le mélange des eaux

Leur dentelle et la flamme du matin désert

Deux vallées trois sommets s'unissent font la chaîne

L'océan qui me mène a le destin du ciel

Et la vague initiale amenuise un nuage.

III

Miroir ouvert sur ces oiseaux uniques
Qui tremblent d'aise à chaque goutte d'eau.

IV

L'herbe grande d'océan
Sur les sables assoupis

La fleur de fille marine
Les astres vierges en fête
Midi blanc dans les fonds noirs
Et dans le filet l'hiver

L'injure jetée au vent À la vague du tombeau.

Tout au plus un navire
Tout au plus un navire à demi englouti
Comme un poignard dans sa blessure
Connaît encore l'ombre

Tout au plus un radeau

La mort simple

Et la mer est plus vide qu'un ivrogne pauvre.

VI

Dernière vague ivresse de vieillard

Les solubles coteaux et la lune risible

N'ont trouvé dans mon cœur qu'un espace restreint

Et la mer dans le ciel n'est qu'une goutte d'eau.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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