Man Ray, Paul Eluard
Poèmes

Man Ray

par Paul Eluard

L'orage d'une robe qui s'abat

Puis un corps simple sans nuages

Ainsi venez me dire tous vos charmes

Vous qui avez eu votre part de bonheur

Et qui pleurez souvent le sort sinistre de celui qui vous

a rendue si heureuse
Vous qui n'avez pas envie de raisonner
Vous qui n'avez pas su faire un homme
Sans en aimer un autre

Dans les espaces de marées d'un corps qui se dévêt

A la mamelle du crépuscule ressemblant

L'œil fait la chaîne sur les dunes négligées

Où les fontaines tiennent dans leurs griffes des mains

nues
Vestiges du front nu joues pâles sous les cils de l'horizon
Une larme fusée fiancée au passé
Savoir que la lumière fut fertile
Des hirondelles enfantines prennent la terre pour le ciel
La chambre noire où tous les cailloux du froid sont à vif

Ne dis pas que tu n'as pas peur

Ton regard est à la hauteur de mon épaule

Tu es trop belle pour prêcher la chasteté

Dans la chambre noire où le blé même
Naît de la gourmandise

Reste immobile
Et tu es seule.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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