Le Liseron et la Fusee, Michel Deguy
Poèmes

Le Liseron et la Fusee

par Michel Deguy

Qu'attendre de la mort — je veux dire ce côté-ci de la mort ?

Nous donnera-t-elle, en compensation de l'espoir, autant qu'aurait pu faire la séquence des jours qui croissaient semblables au liseron le long de la paroi posant une fleur à grands
intervalles ?

Telle au sommet de sa montée contre la dolomite de la nuit l'éruption de la fusée, palier fulgurant.

Brutale et dépensière après l'avarice des jours, elle dilapide mais une fortune qu'elle n'a pas amassée ; elle disperse plus de braises que le feu médiocre des jours ne
semblait en couver.

Maturation aimée de jours qui ne devrait pas finir, voici que d'un coup de pied la dispendieuse l'interrompt.

Mort qui décontenance, il faudrait qu'elle donnât plus en nous privant, comme un joaillier qui étale des pierres savoir que promettait côté-ci de la mort.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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