Poèmes

Le Corps et L'âme

par Max Jacob

Max Jacob

L'âme —
Vous m'avez trompée.

Le corps —
Vous m'avez trompé.

L'âme —
Vous m'avez conduite d'erreur en erreur vers le rideau qui

cache le noir.

Le corps —
Vous m'avez conduit vers la laideur et la vieillesse et l'infirmité.

L'âme —
Vous m'avez conduite vers le bain et j'ai perdu ma ductilité.

J'ai perdu ma transparence.
L'âme a perdu son âme dans un bain de plomb fondu.
Voyez, je ne suis plus une âme, je suis piquée au plomb, déformée, épaissie.
Où ai-je perdu ma substance ?
Dans ce bain.

Le corps —
J'ai obéi à mon âme qui me menait là où vont les corps, dans leur bain de corps obèses.
Si vous m'aviez mené où vont les âmes, je serais resté jeune.
Je serais devenu noble comme sont les âmes.
C'était à vous de me tenir.

L'âme —
Max, éveille-toi.

Le corps —
Misère ! le rideau noir.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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