Poèmes

L'habitante et le Lieu

par Jacques Réda

L'âme semble un couloir où des pas hésitants résonnent,
Mais personne jamais ne vient.
Dehors, l'ombre qui

tremble
Dans les encoignures de porte et sous les escaliers,
C'est l'âme encore, quand la nuit fige le long des murs
Les flots d'eau pâle et froide où l'on est heureux de

descendre.
Et qui donc parlait de salut ou de perte pour l'âme.
Alors qu'elle est blottie en son frisson et cependant
Toujours plus dénudée au vent qui souffle en ce couloir ?
Qu'elle se cache ou rôde, écoute : elle s'égare, étant
L'habitante et le lieu d'une solitude sans nom.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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