Houx Douze Roses, Paul Eluard
Poèmes

Houx Douze Roses

par Paul Eluard

Paul Eluard

La hache la façon de tenir un verre brisé

La négation d'une fausse note les clous les fards

Le sens commun les algues les ravins l'éloge tout ou

rien
La pourriture astrale et le reflet de son délire
La lune de rosée et beaucoup d'animaux gaillards
Dans cette ville disparue dans cette ville camarade
L'orage vagabond ses prunelles éclatées son feu virtuel
Le brassage des graines des germes et des cendres
Coin des
Acacias masqué d'odeurs le sable fait la

moue.

Lune la feuille fleur le sein et les paupières lourdes
Les longs baisers de la balafrée aux cheveux pâles
Qui m'accompagne toujours qui n'est jamais seule
Qui m'oppose le flot des non quand les oui ne pieuvent

pas
Elle a pour elle sa faiblesse machinale
Les gémissements incessants de l'amour

L'introuvable gorgée d'eau vive
La décevante gorgée d'eau neuve
Elle a pour elle les premières et les dernières fumées

Légères les fourrures mortes de chaleur

Le sang des crimes qui défait les statues négatives

Elle est pâle et blessée et taciturne

Elle est d'une grande simplicité artificielle

Velours insondable vitrine éblouie

Poudre impalpable au seuil des brises du matin

Toutes les images obscures

Perdues dans l'étendue de sa chevelure diurne.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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