Élégie d’Été, Paul Souchon
Poèmes

Élégie d’Été

par Paul Souchon

Dans ce long jour d’été, la paix qui l’accompagne,
Ah ! qui me donnera, comme aux jours d’autrefois,
Le soleil étendu sur la vaste campagne,
La retraite cherchée au plus épais des bois!

Ah ! qui me donnera la fraîcheur de la source
Où je buvais parmi les plantes et les fleurs!
L’herbe tendre, le chant des oiseaux et la course
D’un insecte au travers des bruits et des couleurs!

Qui me rendra la vie et les raisons de vivre!
Séparé des grands bois, de l’air pur et des champs,
Je souffre comme souffre, enfermé dans un livre,
L’essaim, fait pour voler, des rythmes et des chants!

Ouvrez-moi la nature et sa grotte profonde!
Que je mêle ma voix à celle des oiseaux!
Que tout mon sang bondisse et que mon cœur réponde
À la pulsation innocente des eaux!

Ici, c’est la langueur et c’est la lassitude!
Une ville s’étend qui repousse bien loin
Le silence fécond, la verte solitude,
La rêverie auguste et l’absence de soin!

L’été, de tous ses feux, sur la ville rayonne,
Mais il n’apporte pas ce plaisir enivrant
Que l’on goûte là-bas, là-bas où l’on moissonne,
Où le geste de l’homme est vraiment conquérant!

Qu’est-ce qu’une saison qui n’a pas sa couronne?
Un été sans moissons, un printemps sans ses nids,
Et, mon cœur, ô mon cœur, un misérable automne
Qui ne vendange pas les lourds raisins bénis?

Ah ! rendez-moi les jours de la terre natale!
Ces jours trop tôt vécus, mais vécus près de vous,
Ignorance des champs et candeur pastorale,
Entretiens et travaux qui me furent si doux!

Rendez-les à mon cœur, à mon mal, à ma vie!
Et rendez-les encore à mon pâle regard!
Hâtez-vous! mon espoir à genoux vous supplie!
Hâtez-vous! Hâtez-vous!... Si vous veniez trop tard!



Poème publié et mis à jour le: 13 aot 2019

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