Poèmes

Dépendance

par Jean-Michel Bollet

La mirabelle a du mirabellier
Une opinion plus qu’adulatrice
Et une brebis a de son bélier
Une opinion plus qu’adoratrice.

Le bovin sait bien que l’herbe du pré
Ne se plaint pas qu’un mufle chaud la broute
Et le coing mûr est parfaitement prêt
A laisser son jus sourdre sous sa croûte.

La lamproie ne se plaît pas si bout l’eau
Et attend que la pluie la rafraîchisse
Et le pruneau met dans son ciboulot
L’idée qu’un flocon neigeux le blanchisse.

Le geai dans son nid a confiance en
L’hôte qui depuis cette année l’abrite
Et la rose va en se fiançant
Vers l’églantier en célébrant un rite.

Le nuage prend de grands pans du ciel
Et le soleil n’a aucune influence
Sur son cotonneux jeu démentiel
Pratiqué en bande et dans l’affluence.

Désert, terre et mer sont venus nourrir
Les êtres vivants d’ici à la Chine
Et d’aucuns voudraient - avant de mourir -
Qu’on leur caressât le bas de l’échine.

Il est plus ou moins (plutôt plus que moins)
Important d’être en harmonie choisie
Avec en tête qu’il faut néanmoins
Tenter de le faire avec courtoisie.

Si le papillon adore la fleur
Celle-ci est ravie et se dit « on m’aime ! »
L’oiseau n’a pas peur qu’un fruit verse un pleur
Quand il le picore : au contraire, même

Il sait que l’arbre donne des enfants
Pour perpétuer l’espèce céleste
Et s’il faut tuer quelques éléphants

Sont à respecter l’épargné, le reste,
Car chacun dépend dans l’espace agreste
De son prochain qui aime et se défend.



Poème publié et mis à jour le: 06 fvrier 2018

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top