Champ D'octobre, Philippe Jaccottet
Poèmes

Champ D'octobre

par Philippe Jaccottet

La parfaite douceur est figurée au loin à la limite entre les montagnes et l'air :

distance, longue étincelle qui déchire, qui affine

Tout un jour les humbles voix

d'invisibles oiseaux

l'heure frappée dans l'herbe sur une feuille d'or

le ciel à mesure plus grand

Les chèvres dans l'herbage sont une libation de lait

Où est l'œil de la terre nul ne le sait

mais je connais les ombres qu'elle apaise

Dispersées, on voit mieux l'étendue de l'avenir

La terre tout entière visible

mesurable

pleine de temps

suspendue à une plume qui monte de plus en plus lumineuse

Pommes éparses

sur l'aire du pommier

Vite!

Que la peau s'empourpre

avant l'hiver!

Dans l'étendue

plus rien que des montagnes miroitante»

Plus rien que d'ardents regards qui se croisent

Merles et ramiers



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top