Poèmes

Catafalques

par Henri Michaux

Henri Michaux

Dans cette région se trouvait encore quantité de petits animaux au corps de ouate.
Vous marchez dessus et ils se retrouvent entiers, mais un os situé presque au tiers de l'échiné (partant de la queue) si celui-là est touché, un os pas bien gros, mais
celui-là broyé, l'animal tombe comme un paquet et quand on ouvre cet os on n'y trouve qu'une pâte pas bien spéciale.

Un autre animal avec une échine de catafalque, crucifiée de jaune, plus gros qu'un bœuf.
L'approche-t-on, il vous envoie une de ces volées de sabots, une de ces ruades, faisant face de tous côtés, tournant sur son train de derrière comme sur un pas de vis.
L'ennemi une fois hors de combat, mais pas avant, et il resterait quarante-huit heures s'il le faut, il reprend son pas d'automate, la conduite de son enterrement de ire classe.
Si nette est l'impression que quand on les voit en groupe, père catafalque, et les enfants catafalque, on s'attendrit devant cette apparente nouveauté de la mort, procédant
maintenant par familles.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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