Poèmes

Vers la Sérénité

par Henri Michaux

Henri Michaux

Le
Royaume de
Cendre.

Au-dessus des joies, comme au-dessus des affres, au-dessus des désirs et des épanche-ments, gît une étendue immense de cendre.

De ce pays de cendre, vous apercevez le long cortège des amants qui recherchent les amantes et le long cortège des amantes qui recherchent les amants, et un désir, une telle
prescience de joies uniques se lit en eux qu'on voit qu'ils ont raison, que c'est évident, que c'est parmi eux qu'il faut vivre.

Mais qui se trouve au royaume de cendre plus de chemin ne trouve.
Il voit, il entend.
Plus de chemin ne trouve que le chemin de l'éternel regret.

Le
Plateau du fin sourire.

Au-dessus de ce royaume élevé, mais misérable, gît le royaume élu, le royaume du doux pelage.

Si quelque éminence, quelque pointe apparaît, cela ne saurait durer; à peine sorties, elles disparaissent dans de petits plis, les plis dans un frisson et tout redevient
lisse.

«
Quand la vague qui emporte, rencontre ses petites amies, les vagues qui rapportent, il se fait entre elles un grand bruissement, un bruissement d'abord, puis peu à peu c'est du silence et
l'on n'en rencontre plus aucune. »

Oh!
Pays aux dalles tièdes!
Oh!
Plateau du fin sourire!



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

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