Poèmes

Ballade

par Jules Laforgue

Oyez, au physique comme au moral,
Ne suis qu'une colonie de cellules
De raccroc; et ce sieur que j'intitule
Moi, n'est, dit-on, qu'un polypier fatal !

De mon cœur un tel, à ma chair védique,
Comme de mes orteils à mes cheveux,
Va-et-vient de cellules sans aveu,
Rien de bien solvable et rien d'authentique.

Quand j'organise une descente en
Moi,
J'en conviens, je trouve là, attablée,
Une société un peu bien mêlée,
Et que je n'ai point vue à mes octrois.

Une chair bêtement staminifere.

Un cœur illusoirement pistillé.

Sauf certains soirs, sans foi, ni loi, ni clé,

Où c'est précisément tout le contraire.

Allez, c'est bon.
Mon fatal polypier

A distingué certaine polypière;

Son monde n'est pas trop mêlé, j'espère....

Deux yeux café, voilà tous ses papiers.


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