Ballade de L'Appel, François Villon
Poèmes

Ballade de L'Appel

par François Villon

François Villon

Que vous semble de mon appel,
Garnier ?
Feis je sens ou folie ?
Toute beste garde sa pel ;
Qui la contraint, efforce ou lie,
S'elle peult, elle se deslie.
Quant donc par plaisir voluntaire
Chantée me fut ceste omelie,
Estoit il lors temps de moy taire ?

Se feusse des hoirs
Hue
Cappel,
Qui fut extrait de boucherie,
On ne m'eust, parmy ce drappel,
Fait boire en ceste escorcherie.
Vous entendez bien joncherie ?
Mais quant ceste paine arbitraire
On méjugea par tricherie,
Estoit il lors temps de moy taire ?

Cuidiez vous que soubz mon cappel
N'y eust tant de philosophie
Comme de dire : «J'en appel » ?
Si avoit, je vous certiffie.
Combien que point trop ne m'y fie.
Quant on me dist, présent notaire : «
Pendu serez ! » je vous affie,
Estoit il lors temps de moy taire ?

Prince, se j'eusse eu la pépie,

Pieça je f eusse ou est
Clotaire,

Aux champs debout comme une espie.

Estoit il lors temps de moy taire ?



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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