Poèmes

Absolument royal

par Jean-Michel Bollet

Je n’espère plus rien, pas le moindre vaccin
Du monde infecté qui avec soin inocule
Son poison et sa lie s’infiltrant dans mon sein
Qui se contracte en vain et devient minuscule.

Il me reste bien peu, à part Dieu dans le Livre
Et l’alcool m’enivre quand à lui je me livre

La prostitution et la dévotion
Firent tordre le cou et plier les genoux
Aux pieds froids des rois mais la révolution
Nous montra qu’ils n’étaient pas différents de nous.

Ils ne furent pas mieux, pas pires que nous sommes ;
S’ils étaient de sang bleu, ils n’étaient pas moins hommes.
Il ne reste d’eux que palais, château, tableau
Et le prestigieux nom de Fontainebleau.

Ils étaient comme nous, avec bosses et trous,
Eau, bile, chair et sang, selle, urine, boyaux ;
Ils avaient comme nous, la tête sur leurs cous
Qui s’en alla rouler au pied froid des échafauds.

Ils n’étaient pas meilleurs, pas pires que nous sommes
Et le dernier poilu de quatorze - dix-huit
Fut le symbole de la vilenie des hommes
Au front ceint de la nuit lorsque le soleil luit.

Royauté abolie, qu’avons-nous à ta place ?
Quelle fraternité dans trop de liberté ?
Parlons d’égalité où dort dans un palace
Un marchand de télés en pleine puberté.

Il ne me reste rien que l’atrophie d’un sein
Et j’ai déjà tenté de devenir un saint.

Que puis-je espérer ? Que puis-je encore essayer ?
La lune en simple aller ? (Si je pouvais payer.. !)
Oh ! Je préfère être royalement sur terre
Entre ma mère et mon père en sous-locataire.



Poème publié et mis à jour le: 06 dcembre 2017

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