Poèmes

À Madame de la Fayette

par Jean de la Fontaine

Jean de La Fontaine

Ce billard est petit : ne l'en prisez pas moins
Je prouverai par bons témoins
Qu'autrefois
Vénus en fit faire
Un tout semblable pour son fils.
Ce plaisir occupait les
Amours et les
Ris,

Tout le peuple enfin de
Cythère.
Au joli jeu d'aimer je pourrais aisément
Comparer après tout ce divertissement,
Et donner au billard un sens allégorique :

Le but est un cœur fier ; la bille, un pauvre amant ;
La passe et les billards, c'est ce que l'on pratique
Pour toucher au plus tôt l'objet de son amour ;
Les belouses, ce sont maint périlleux détour,
Force pas dangereux, où souvent de soi-même

On s'en va se précipiter,
Où souvent un rival s'en vient nous y jeter

Par adresse et par stratagème.
Toute comparaison cloche, à ce que l'on dit :

Celle-ci n'est qu'un jeu d'esprit

Au-dessous de votre génie.
Que vous dirai-je donc pour vous plaire,
Uranie ?
Le
Faste et l'Amitié sont deux divinités
Enclines, comme on sait, aux libéralités ;
Discerner leurs présents n'est pas petite affaire :
L'Amitié donne peu, le
Faste beaucoup plus,

Beaucoup plus aux yeux du vulgaire ;
Vous jugez autrement de ces dons superflus.
Mon billard est succinct, mon billet ne l'est guère ;
Je n'ajouterai donc à tout ce long discours
Que ceci seulement, qui part d'un cœur sincère :

Je vous aime, aimez-moi toujours.


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