Poèmes

Vaudou Simultané

par Léopold Partisan

Conviction de cavité
Par l’infernale
Plume de poule
Se recroqueville

Billevesées d’arrière-salles
Où femmes de mauvaise vie
Par l’incandescence de nos sens
Se préfacent et parfois… crient

Onomatopées de petites vertus
Par l’impédance
De nos fréquences modulées
S’émoustillent

J’ai soufflé sur les braises
Et lui ai simplement demandé

Tu t’appelles comment ?
Ophélie !

Ophélie comment ?
Ophélie Personne !

Où habites-tu Ophélie ?
À la croisée !
À la croisée de quoi ?
À la croisée des frontières
Par-delà les gares forestières
À la croisée des fondrières
Où entre jadis et naguère
Son ventre m’a vomie.

Qui est ton père Ophélie ?
Le soldat Inconnu !
Mais regarde ce qu’il est devenu
Un petit brin de fougère
À la croisée des cimetières
Un grain de poussière
Balayé par des lingères
Que lui aussi aurait aimé
Culbuter comme prise de guerre
Dans ces fossés
Que la folie des mâles
A transformés en tranchées

J’ai soudain compris que je délirais
Lorsque Blaise le légionnaire
M’a fait avaler de son unique bras
L’autre venant tout juste
D’être emporté
Par un obus de mortier
Un curieux élixir
Au goût de gingembre
Et de ratafia
Je le tiens du gros Léger
M’a-t-il confié
Le tonnerre a dès lors cessé et…

Ma conviction de cette cavité
Par l’infernale plume de poule
S’est recroquevillée
Tandis que dans le lointain
Les tambours de minuit
Ont répercuté nos morts
Par leurs messages de nuit.

Au matin dans la brume des Éparges
Sont encore passés quelques radeaux
De naufragés dépenaillés
Coiffés de Morion
Et armés d’arquebuses

Je me suis alors demandé
Où est mon Ophélie ?
Certainement noyée
Dans l’une de leurs caraques englouties.

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