Poèmes

Tu m'empêches de respirer

par Jean-Michel Bollet

Tu m’empêches de respirer
Et la fenêtre est crochetée ;
Tu me vois souffler, transpirer :
Voudrais-tu être rachetée ?

On pourrait partir en auto
Loin de la ville à la campagne
Et je te prendrais en photo
La taille nouée par un pagne.

Rappelle-toi, il n’y a guère,
Tu avais quinze ans et moi vingt ;
Tu m’avais déclaré la guerre
Avec ton grand copain Sylvain.

On avançait en pédalo
Sur la mer au large de Sète
Quand ta main m’a poussé à l’eau
Puis ton pied pesa sur ma tête.

Et moi qui riais pour un rien
Je regardais pleurer Monique
Aux côtés de son Adrien
Qui pédalait, calme et stoïque.

J’ai pu nager jusqu’au rivage
Et retournai dans ma maison
Où je mis mon crâne au lavage
Pour ne pas perdre la raison.

J’ai su qu’Adrien fut tué
(Il frappait toujours à ta porte)
Par un jeune prostitué :
Je priais Satan qu’il l’emporte.

J’ai tourné autour de Monique
Qui nageait au large d’Anglet
Quand une vague océanique
La noya comme un vieil anglais.

Sylvain se pendit en été
Après la poutre de ma chambre
Alors que j’avais arrêté
De cambrer les reins et le membre.

Je suis libéré maintenant
De pauvres gens, d’un imbécile
Amant charmant en maintenant
Mon amour pour toi, ma Cécile.

Alors, d’accord pour la campagne
Ou veux-tu grimper aux rideaux
Après la coulée de Champagne
A boire au bas creux de ton dos ?

Voilà ma proposition…
Es-tu emballée, ma jolie ?
Donne-moi ta position
Pour laisser cours à ma folie.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2018

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