Poèmes

Troubles

par Jean-Michel Bollet

Il est tard et l’espoir en ce soir de novembre
Est ténu comme est grand le froid blanc de ta chambre
Où ton cœur gelé, tes mains et tes pieds glacés
Sont traversés sans fin de sangs violacés.

Tu cherches en ton âme une langue de flamme
Aussi brûlante que les lèvres d’une femme
Qui t’embrasserait en te pressant sur son sein
A la douceur égale au duvet du poussin.

Et le démon d’aller de ses griffes cruelles
Lacérer l’insensé qu’il porte sur ses ailes.

Poète fou, peseur de mots, orfèvre vain,
Tu es trop orgueilleux ! Succombant au Malin,
Tu dévêts ton habit et à genoux, tu pries
Puis déchirant ta joue de tes ongles, tu cries :

« Je désire être aimé, je voudrais que l’on m’aime
Non pour un poème mais juste pour moi-même ! »

Ta marche en rond te mène aux portes de l’aurore
Qui blanchit ton lit fait, ton visage défait
Aux yeux cernés par la noire mort qui dévore
Ton esprit lumineux qui avoue son forfait.

Le silence est aigu dans l’espace exigu
Où tu es prisonnier dans la cage du rêve
Avec une ombre informe au sourire ambigu
Dansant derrière un voile bleu qui se soulève ;

Tu sens alors monter de ton ventre indompté
Un flot de chaleur qui t’emplit de volupté.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2018

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