Sonnet Xxxiv, Joachim du Bellay
Poèmes

Sonnet Xxxiv

par Joachim du Bellay

Joachim Du Bellay

L'unie oiseau (miracle emerveillable)
Par feu se tue, ennuyé de sa vie :
Puis quand son ame est par flammes ravie.
Des cendres naist un autre à luy semblable.

Et moy qui suis l'unique misérable
Fâché de vivre, une flamme ay suyvie,
Dont conviendra bien tost que je dévie,
Si par pitié ne m'êtes secourable.

O grand' doulceur ! o bonté souveraine !

Si tu ne veulx dure et inhumaine estre
Soubz ceste face angelique et seraine,
Puis qu'ay pour toy du
Phénix le semblant,
Fay qu'en tous poinctz je luy soy' resemblant,
Tu me feras de moymesme renaistre.

Moy, que l'Amour a faict plus d'un
Lëandre*,
De cest
Oyseau prendray le blanc
Pennaige,
Qui en chantant plaingt la fin de son
Aage
Aux bordz herbuz du recourbé
Méandre * *.

Dessoubz mes chantz voudront (possible) apprendre
Maint
Boys sacré et maint
Antre sauvaige,
Non gueres loing de ce fameux
Rivaige,
Ou
Meine va dedans
Loyre se rendre.

Puis descendant en la saincte
Forest

Ou maint
Amant a l'umbraige encor' est,
Iray chanter au bord oblivieux,

D'où arrachant vostre bruyt nonpareil,
De revoler icy hault envieux

Luy feray voir l'un, et l'autre
Soleil.



Poème publié et mis à jour le: 14 novembre 2012

Lettre d'Informations

Abonnez-vous à notre lettre d'information mensuelle pour être tenu au courant de l'actualité de Poemes.co chaque début de mois.

Nous Suivre sur

Retour au Top