Poèmes

S'ils sont sans souci

par Jean-Michel Bollet

Tant de temps est passé à repasser du temps
Qui ne reviendra pas de sitôt dans la plaine
Tant de temps a passé et il n’est plus partant
Pour s’en aller avec sa minuterie pleine

Le décompte des ans comptés en mille et cent
S’achèvera tantôt à l’ultime seconde
Qui s’engouffrera dans un sol remis laissant
La plaine atterrée par la semence inféconde

Fâchée de ne trouver d’eau sous l’aile du vent
De soleil adoré par la plante sauvage
Rougissante de sa feuille verte devant
Le saule pressentant en pleurant le ravage

Les larmes ne noient que peureux yeux quand le chant
Silencieux du temps assourdit l’ouïe fine
Des bergers de cent ans, de leurs brebis léchant
Les herbes endormies par la morgue endorphine

Ne s’entendent pas plus sang et sève battant
Dans l’artère et dans la veine de l’arbre en chêne
Le temps pas méchamment arrive en s’abattant
Sur les êtres mouvants que la vie vile enchaîne.

Infiniment s’en va le pas des estivants
Vers l’indéfinie mer à l’abysse insondable
Dont les flots verts-bleutés seront toujours vivants
Dans cette masse à peu près jamais inondable.

Peut-être que la plaine envie les océans
Forts de leurs profondeurs insensibles aux heures
Qui voguent en surface en craignant les néants
Dansant dans l’épaisseur de leurs noires demeures.

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