Poèmes

Poème

par Jean Claude Renard

Elle me dit

ne me touche pas

et ses yeux violets chaque fois inconnus

sont peut-être les miens

comme des cris d'aveugle

elle dit

il y a des mains dans ton sang

elle ne dit pas que je l'ai tuée

elle ne passe pas à travers moi

comme une étrangère

elle ne me reproche rien

elle dit

avec des mots secrets

et toutes les choses anciennes

du silence

il y a des mains sur ta bouche

il n'y a pas de meurtres pas de sang

pas de péchés terribles comme des drapeaux

les mal-aimés sont morts sur ma langue

et j'ai peur qu'elle m'aime

pour cela seulement

et qu'elle dise encore

il y a des mains si froides sur ta race

ses bras tremblent comme des branches

parce qu'elle sait cela qui compte

justement

et que ma souffrance

ne fermente pas

sans elle

et que son désespoir

ne remue que le mien

comme des pitiés

je sens qu'elle s'approche j'entends monter vers moi ses pas de femme comme des eaux pour m'ôter de la tête ces mains qui me séparent

elle me dit

ah ! toute sa douceur me rentre dans la chair

comme des arbres éclatés

je ne t'attendais plus

elle ne pleure pas

elle ne brûle pas de rires entre ses dents

elle dit comme on étouffe

il faut couper ces mains

ça ne fait pas de mal ce n'est rien qu'un peu comme un enfant qui naît ouvrir tes yeux dans la chambre et commencer à écouter ce n'est rien

il y avait des mains entre ma nuit

et la sienne

il y avait des mères qui étaient mortes

elle me dit

où sont ta soif et ta faim

où est ta joie

je m'endormais

parmi des fleurs épaisses

je coulais dans son corps

avec des mains autour de moi

sans plaies

l'amour

il n'y a qu'elle qui sait son nom

il n'y a que le lait qu'elle me donne

et toutes les villes

comme on descend vers la mer

elle ne peigne pas ses cheveux elle ne rougit pas ses lèvres

elle n'a pas de miroir

pour ses épaules

elle n'a pas de consolations

elle dit

il y a des hommes à genoux

il y a des hommes frigides

qui vont s'éveiller

avec des tendresses et du pain

pour vivre

elle me dit cela comme on revient

............le secret du dieu,

le grand songe nu de l'éternité seraient-ils de n'être, entre glace et feu, qu'un instant d'or pur dans le vide hanté ?


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