Poèmes

Odes, Livre Iii, Pièce Retranchée

par Pierre de Ronsard

Baiser, fils de deux lèvres closes,
Filles de deux boutons de roses,
Qui serrent et ouvrent le ris
Qui déride les plus marris ;
Baiser ambrosin que j'honore
Comme mon tout, et dont encore
Je sens en ma bouche souvent,
Plus d'un jour après, le doux vent ;
Et vous, bouche de sucre pleine,
Qui m'engendrez de votre haleine
Une odeur qui au cœur descend
Et mille parfums y répand ;
Et vous, mes petites montagnes,
Je parle à vous, lèvres compagnes,
Dont le corail naïf et franc
Cache deux rangs d'ivoire blanc ;
Je vous supplie, n'ayez envie
D'être homicides de ma vie :
Pour du tout tuer mon émoi,
Mille fois le jour baisez-moi.



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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