Poèmes

L'Idole - Sonnet du Trou du Cul

par Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

Obscur et froncé comme un œillet violet
II respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d'amour qui suit la fuite douce
Des
Fesses blanches jusqu'au cœur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré sous le vent cruel qui les repousse,
A travers de petits caillots de marne rousse
Pour s'aller perdre où la pente les appelait.

Mon
Rêve s'aboucha souvent à sa ventouse;

Mon âme, du coït matériel jalouse.

En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C'est l'olive pâmée, et la flûte câline,
C'est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos!



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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