L'Abeille, Paul Valéry
Poèmes

L'Abeille

par Paul Valéry

Paul Valéry

Quelle, et si fine, et si mortelle,
Que soit ta pointe, blonde abeille,
Je n'ai, sur ma tendre corbeille,
Jeté qu'un songe de dentelle.

Pique du sein la gourde belle,
Sur qui l'Amour meurt ou sommeille,
Qu'un peu de moi-même vermeille
Vienne à la chair ronde et rebelle!

J'ai grand besoin d'un prompt tourment :

Un mal vif et bien terminé

Vaut mieux qu'un supplice dormant!

Soit donc mon sens illuminé

Par cette infime alerte d'or

Sans qui l'Amour meurt ou s'endort!



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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