Poèmes

La Mystification (Extrait)

par Patryck Froissart

Spéculation IX
Autant qu’il m’en revienne,
Elle, fut vraiment mienne
À l’aine ombreuse des ravines,
Aux reins chaleureux des collines.
Menottée par les ponts, la rivière asservie
Exsude un pus puant où s’écharpent des rats.
Par le soc décimé le morne a le dos rond
Sous quelque brosse qui le peigne en vos tableaux :
Se trompe-t-il, l’oeil qui, sous la perruque verte,
Devine au fond des puys la force ensommeillée ?
Qu’il est piteux le pic par la pioche aplati !
Quel mont ne finirait pas chauve
Où la binette rêche,
La herse à la dent sèche,
Et la houe qui l’ébrèche,
Et, à l’affût, la bêche,
Et la gratte, de mèche,
Le creusent et lacèrent ?
Quel mont ne finirait pas chauve ?
Quel ruisseau ne coulerait tors
Où l’odieux et l’ordure,
L’abat et le rebut,
Le bubon, la verrue,
La vermine et le ver qui glue,
Le viscère morgueux, le bran de nos abus
Grouillent, pustulent, champignonnent,
Quel ruisseau ne coulerait tors ?
Dans ces temps où gît l’immondice,
Pure en mon lit, lys en la lie, mon amie gît,
L’oeil clair et la joue lisse, et dans ma boue je glisse.

Extrait de: 
Extrait de La Mystification (Edition Mon Petit Editeur 2012)

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