Poèmes

Cimetières

par Patryck Froissart

En venue de la nue du limbe de la nuit,
Du halo de la lune en l’eau des marées noires,
De l’abstrus entrelacs des rets de mes mémoires,
De cosmiques réduits que les soleils ont fuis,
De l’évasive orée d’inaccessibles puits,
Ou des feuillets moisis d’illisibles grimoires,
Tu t’ébats sur l’écran riche de ma paupière.

Quel trait tiré de Toi griffant le firmament
Les nuits où libérées cent mille étoiles filent
Une ample métaphore, éphémères sibylles,
Claire à l’oeil lunatique et dément des amants,
Volerai-je en tes vols, fugitif, au moment
Que la feuille impatiente et vierge attend mon style ?
L’image aussitôt née charbonne au luminaire.

Sais-Tu que mes doigts las de ne Te saisir pas
S’ensanglantant aux champs où sanglotant je tombe
Fouillent envieusement la plus abjecte tombe
Cherchant ce que Tu es depuis Ton dernier pas
Pour, réchauffant Ton front de son brûlant compas,
Qu’avive mon soupir Ta froide catacombe ?
Quel souffle fantastique expire en ma prière !

L’hiver fervent touriste aux macabres tourbières,
Au joli mai j’estive aux marins cimetières.
Ne sais-je pas pourtant que, rose de lumière
Au baldaquin lacté, sur le rond lit solaire,
En des draps d’or, Tu dors, quand, sous les cyprès, j’erre ?

Extrait de: 
La Mystification

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