Je M'éveille - Prose par Gérard de Nerval
Poèmes

Je M'éveille - Prose

par Gérard de Nerval

Gérard de Nerval

Décidément, ce rêve est trop extravagant... même pour moi!
Il vaut mieux se réveiller tout-à-fait.
Ces petits drôles! qui me démontaient la tête, et qui se permettaient après de rajuster les morceaux du crâne avec de grands coups de leurs petits marteaux!
Tiens, un coq qui chante!...
Je suis donc à la campagne !
C'est peut-être le coq de
Lucien : —
Oh! souvenirs classiques, que vous êtes loin de moi!

Cinq heures sonnent, — où suis-je?
Ce n'est pas là ma chambre...
Ah! je m'en souviens, je me suis endormi hier à la
Syrène, tenue par le
Vallois, dans la bonne ville de
Meaux (Meaux-en-Brie,
Seine-et-Marne).

Et j'ai négligé d'aller présenter mes hommages à monsieur et à mame le maire! —
C'est la faute de
Bilboquet. (Faisant sa toilette :)

Air des
Prétendus.

Allons présenter — hum! — présenter noire hommage
A la fille de la maison.'... (Bis)
Oui, j'en conviens, elle a raison,
Oui, oui, la friponne a raison !

Allons présenter, etc.

Tiens, le mal de tête s'en va... oui, mais la voiture est partie.
Restons, et tirons-nous de cet affreux mélange de comédie, de rêve et de réalité.

Pascal a dit :

«
Les hommes sont fous, si nécessairement fous, que ce serait être fou par une autre sorte que de n'être pas fou. »

La
Rochefoucauld a ajouté :

«
C'est une grande folie de vouloir être sage tout seul. »
Ces maximes sont consolantes.


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