Poèmes

Jazz

par Léopold Partisan

Le bleu aux lèvres
Le noir aux yeux
Au bord de la syncope
J’arrache cette perfusion
Pour qu’au bord de la syntaxe
Mon rythme cardiaque
Échantillonne les extrasystoles
De mon arythmie chromatique

« Chabada bada… »
Dans la poudreuse
Ou par intraveineuse
Ma Gotham cité
Défile à vitesse grand « V »
Comme ensorcelée
Par des Marquises en string bariolé

Sur Radio Cité
Le concert vient de commencer
Frénésie de basses fréquences
Et d’accords désaxés
Rapsodie d’impédances
Et de cymbales cravachées

« Choubidou bidou… »
Hululé au saxophone et au vibraphone
M’oppresse le sexe aphone
« Choubidou bidou… »
Titillé au xylophone depuis l’interphone
Me laisse le texte atone

Sang, sueur et larmes
Pour faire avancer le débat
Qui a bien pu engager ces avocats
Sensuelle… L’arme
À chuter sur le carrelage
Où je l’ai rejointe
Collatéral outrage

Sur Radio Cité
Plongée en apnée
Dans ma Gotham cité
Le concert n’est pas prêt de s’achever

« Chabada bada…. »
Qui est donc cette nageuse
À l’allure ensorceleuse
Tandis que fendant littéralement
Une circulation catatonique
À coup d’éclats bleutés
Une ambulance
Aux accents pentatoniques
Fonce vers ma dernière résidence

Incandescence, transcendance
Indécence, transhumance
Tout coïncide
Sur l’imperturbable tracé
De mon électro-encéphalogramme
Quasiment plat

Ouateux, comateux
Duveteux, moelleux
J’entrevoie
Les doigts de pied en éventail
De mon moi profond
Tandis que se bousculent
Les portes de fond et du tréfonds
Et que tous s’agitent
Autour de ma dépouille
Que l’on ausculte
Sous toutes les coutures

Ascenseur pour l’échafaud
La censure a tranché
L’ombilical cordon de sécurité
Qui unissait encore
Les velléités de la Veuve Noire
À celles de la Sœur Morphine

Personnellement j’ai opté
Pour le don d’orgasmes
Ou d’organes
C’est selon…
Qu’importe le flacon
Pourvu que le couperet
Soit bien affuté

« Chabada bada…. »
Mon dieu qu’elle est douce
Cette voie du silence
Pavée des incantations
De sorcières vaudoues
Et autres bouches dorées

Dans ma Gotham cité
Comme s’il avait des ailes
Chet s’est pour cette fois bien envolé
Sans devoir passer par la case trottoir
Sur ma radio cité
Pleure les nuages.


Poème publié et mis à jour le: 02 septembre 2015

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