Ferrements, Aime Césaire
Poèmes

Ferrements

par Aime Césaire

le périple ligote emporte tous les chemins

seule la brume garde ses bras ramène la ville au port en

palanquin

et toi c'est une vague qui à mes pieds t'apporte

ce bateau-là au fait dans le demi-jour d'un demi-sommeil

toujours je le connus

tiens-moi bien fort aux épaules aux reins

esclaves

c'est son hennissement tiède l'écume

l'eau des criques boueuse et cette douleur puis rien

où nous deux dans le flanc de la nuit gluante aujourd'hui

comme jadis

esclaves arrimés de cœurs lourds

tout de même ma chère tout de même nous cinglons

à peine un peu moins écœurés aux tangages



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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