Poèmes

Vampire Liminaire

par Aime Césaire

Aimé Césaire

Il se fait une lumière atroce de l'Occident à l'Orient à contre-courant le hurlement des molosses du brouillard y répond de la
Ville selon la
Peur plénière agitant à foison de drapeaux dix milliers de langues gluantes et la parade visqueuse entre deux nuits

d'abord de toutes les bêtes somptueuses vomies des pourritures

mais sous la marche de ronce du venin

ils ont prévalu leurs yeux intacts au plus fragile

de l'image impardonnée

de la vision mémorable du monde à bâtir

de la fraternité qui ne saurait manquer de venir

quoique malhabile

reniflant au pied de l'arbre de vie

les rats noirs cardinaux du mensonge mêlés à

l'unicorne de la haine raciale

au bout du fil l'oreille de l'inquisiteur

alors l'eau des égouts fait un bond formidable

de tout le voyage tu des oiseaux espérés

Assez que les mots se transforment en cassave de poussière

la boue comme sur une venaison plaqua ses griffes sur les étoiles



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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