Poèmes

Faire-Part

par Charles Dobzynski

Un fax

m'annonce mon propre décès.

Condoléances

familles effeuillées

amis qui voilent de neige

leur miroir.

Le défunt ne lègue à la science pour dissection dyslexique que sa langue morte avant lui.

Le deuil à blanc

met le cadavre en quarantaine.

S'écroulent par rangées les souvenirs

dominos déminés

de la nomination.

La couronne me guette avec ses dents gâtées et des fleurs brusquement deviennent immondices qu'on jette sur la tombe.

Vivant je m'insurge:

que cesse la mascarade !

J'arrache mes orbites

à l'obituaire.

Ma peau n'est pas mon suaire.

J'invite par un faire-part

mes survivants virtuels

au rendez-vous des fausses connivences

et des profanations.

J'accepte que l'on enterre ma vie de glaçon qui a fondu en moi insoupçonnée.

La cérémonie de mes errements

funéraires

me réinvente

un destin irremplaçable

mais posthume.


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