Poèmes

Chanson a Manger

par Paul Verlaine

Paul Verlaine

Nos repas furent sommaires
Cette semaine : enfoncés
Les
Marguerys et les
Maires
Aux menus par trop foncés.

Fi de la sole normande.
Fi de l'entrecôte au jus,
Puisque tous ces jours-ci j'eus
La satisfaction grande

D'être un végétarien
A l'instar de ce poète
Bouchor ', ou de cet esthète
Sarcey, critique ancien.

Nous mangeâmes de la soupe
Où lentilles et poireaux
Mêlaient leurs parfums farauds
A celui du pain qu'on coupe.

L'eau coulait dans le cristal
Plus pure que lui, plus claire,
Meilleure que vin ou bière.
Boire idéal et fatal !

C'est dommage que le ventre
Soit un ventre préférant
Encore un bon restaurant
A,
Polyphème, ton antre !



Poème publié et mis à jour le: 15 novembre 2012

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