Bombay-Express, Blaise Cendrars
Poèmes

Bombay-Express

par Blaise Cendrars

Blaise Cendrars

La vie que j'ai menée

M'empêche de me suicider

Tout bondit

Les femmes roulent sous les roues

Avec de grands cris

Les tape-cul en éventail sont à la porte des gares.

J'ai de la musique sous les ongles.

Je n'ai jamais aimé
Mascagni

Ni l'art ni les
Artistes

Ni les barrières ni les ponts

Ni les trombones ni les pistons

Je ne sais plus rien

Je ne comprends plus...

Cette caresse

Que la carte géographique en frissonne

Cette année ou l'année prochaine

La critique d'art est aussi imbécile que l'espéranto

Brindisi

Au revoir au revoir

Je suis né dans cette ville

Et mon fils également

Lui dont le front est comme le vagin de sa mère

Il y a des pensées qui font sursauter les autobus

Je ne lis plus les livres qui ne se trouvent que dans les

bibliothèques
Bel
A
B
C du monde

Bon voyage!

Que je t'emporte

Toi qui ris du vermillon

Avril 1914.



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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