Poèmes

Vancouver

par Blaise Cendrars

Blaise Cendrars

Dix heures du soir viennent de sonner à peine distinctes

dans l'épais brouillard qui ouate les docks et les

navires du port
Les quais sont déserts et la ville livrée au sommeil
On longe une côte basse et sablonneuse où souffle un

vent glacial et où viennent déferler les longues lames

du
Pacifique
Cette tache blafarde dans les ténèbres humides c'est

la gare du
Canadian du
Grand
Tronc
Et ces halos bleuâtres dans le vent sont les paquebots

en partance pour le
Klondyke le
Japon et les grandes
Indes

Il fait si noir que je puis à peine déchiffrer les inscriptions des rues où je cherche avec une lourde valise un hôtel bon marché

Tout le monde est embarqué

Les rameurs se courbent sur leurs avirons et la lourde

embarcation chargée jusqu'au bordage pousse entre

les hautes vagues
Un petit bossu corrige de temps en temps la direction

d'un coup de barre
Se guidant dans le brouillard sur les appels d'une sirène
On se cogne contre la masse sombre ds navire et par

la hanche tribord grimpent des chiens samoyèdes
F:lasses dans le gris-blanc-jaune
Comme si l'on chargeait du brouillard



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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