Bahr El-Zeraf, Blaise Cendrars
Poèmes

Bahr El-Zeraf

par Blaise Cendrars

Blaise Cendrars

Il n'y a pas de hautes herbes le long des rives
De grandes étendues de terres basses se perdent au loin
Des îles affleurent la surface de l'eau
De grands crocos se chauffent au soleil
Des milliers de grands oiseaux couvrent les bancs de de sable ou de boue

Le pays se modifie

Il y a maintenant une brousse assez claire parsemée

d'arbres rachitiques
Il y a des petits oiseaux ravissants de couleur et des

bandes de pintades
Le soir à plusieurs reprises on entend rugir un lion dont

on aperçoit la silhouette sur la rive ouest
J'ai tué ce matin un grand varan d'un mètre et demi
Toujours le même paysage de plaines inondées
Le pilote arabe a aperçu des éléphants
L'intérêt est grand
Tout le monde monte sur le pont supérieur

Pour chacun de nous c'est la première fois que va se

montrer l'empereur des animaux
Les éléphants sont à trois cents mètres environ on en

voit deux gros un moyen trois ou quatre petits
Pendant le déjeuner on signale dix grosses têtes d'hippos

qui nagent devant nous

Le thermomètre ne varie guère

Vers 14 heures il y a régulièrement de 33 à 380

Le vêtement est costume kaki bonnes chaussures guêtres et pas de chemise

On fait honneur à la bonne cuisine du bord et aux bouteilles de
Turin brun

Le soir on ajoute seulement au costume de table un veston blanc

Milans et vautours passent en nous frôlant de l'aile

Après le dîner le bateau va se placer au milieu du fleuve pour éviter autant que possible les moustiques

Les rives se déroulent couvertes de papyrus et d'euphorbes géants

Le voyage est lent en suivant les méandres du fleuve

On voit beaucoup d'antilopes et de gazelles peu sauvages

Puis un vieux buffle mais pas de rhinocéros



Poème publié et mis à jour le: 13 novembre 2012

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