Poèmes

A marche lente

par Jean-Michel Bollet

Pieds liés aux souliers épais, sa marche est lente
Et pourtant rassurante en lui faisant lever
Ses plantes protégées de manière excellente
Et les arpents suivants se font tous enlever ;

Pas un ne résiste et à la vue d’une borne,
Les pieds sentent sa très fébrile anxiété :
« Ah ! Si seulement cet homme était un peu borgne
Il n’arriverait pas dans ma propriété. »

Mais, lui n’a nul besoin de voir où il chemine
Puisque ni pierres, ni ronces, ni hauts taillis
Ne peuvent empêcher son esprit qui domine
Les embûches, les trous, les halte-là faillis.

Les kilomètres ne sont que des fils de mètres
Ayant enfanté des géants qui font le tour
Du monde où sont postés sur leur parcours des maîtres
Parfois perchés-cachés au sommet d’une tour.

Layons, sentiers, chemins, rues, routes, avenues
Sont bordés de dangers et semés de pépins ;
Ce marcheur n’en n’a cure et ses allées-venues
Ne sont moquées que par les porteurs d’escarpins

Incapables d’aller, chaussés, à marche lente,
De gros souliers ferrés apeurant le danger,
Les guetteurs en hauteur, la pierre violente
Et le roncier mangé par un pied d’oranger.

Chemineau, sac au dos, les dents serrant une herbe,
Tes godillots costauds sont de parfaits sabots
Qu’use le jardinier évoquant ce proverbe :
Plus le soulier est gros, plus le sol voit ça beau.

Le marcheur, nez au vent, triture le bitume,
Desserre la pierre et met au clou le caillou ;
Le péril est présent partout mais s’accoutume
A ce lent passant s’en allant tel un voyou.



Poème publié et mis à jour le: 02 dcembre 2017

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