Poèmes

Un soir d'été

par Jean-Michel Bollet

La fenêtre ouverte laissait passer la nuit
Et, la maison, calmée, avait chassé le bruit.
Appliqué, j’écrivais, accoudé à ma table,
Eclairé par une bougie à flamme instable
Me rendant irritable.

Je sentais un parfum apporté par la brise
De sapin, de cassis, de pomme et de cerise
Et parfois, pénétrait une bouffée d’air chaud
S’installant lourdement autour du piano
Qui me tournait le dos.

Je sentais palpiter mon coeur sous ma chemise
Et ma montre avançait au temps têtu soumise
Pendant que la grenouille et son coassement
Prodiguait à l’étang un bon délassement
Jusqu’à épuisement.

A mesure de ma douloureuse écriture,
Ma plume s’affinait en raillant la rature ;
La lune rougissante éveillait mon esprit
Qui commandait mes vers en ayant bien compris
Que j’y mettais le prix.
Avec rage le vent entra dans le feuillage
Et la pluie arriva derrière son sillage ;
Une goutte puis deux furent lâchées des cieux
Suivies de grêlons au rayon ambitieux
Me rendant soucieux ;

Je me levai d’un bond pour fermer la fenêtre
Et mon cœur eut la peur que l’orage fait naître
Mais, demain, mon sourire ira pour le facteur,
Le jeune boulanger, le vieil agriculteur
Juché sur son tracteur.

Alors, la lune me dicta un nouveau texte
A la suite de ce changement de contexte
Puisqu’elle demeurait sereine face au vent
Qui secoue les tapis de feuilles voletant
Au-dessus de l’auvent.

La nuit ayant vaincu ma chétive bougie
Et piqué mes yeux à la prunelle rougie
Je bus une gorgée, les yeux clos, d’un beau thé
Lorsque vint soudain de l’oriental côté
L’été dans sa beauté.



Poème publié et mis à jour le: 18 novembre 2018

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