Poèmes

Plus Belle la Vie

par Jean-Yves Le Naour

L’exil forcé n’est pas une nouveauté. En 1917, les Russes blancs sont arrivés en France. Dans les années trente, ce furent les réfugiés espagnols. Et plus récemment, au début des années soixante, l’exil des rapatriés d’Algérie. […] L’Afrique est un continent qui souffre. Certains de ses habitants viennent en France chercher une vie meilleure. D’autres l’ont fait avant eux, et d’autres le feront encore. Nous avons la chance de vivre dans un pays démocratique, dans lequel on peut trouver du travail, de quoi se soigner, se nourrir… Avons-nous le droit moral de les rejeter ?
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Ce qui est normal c’est de respecter les autres sans les juger », réplique la Française. Et quand l’Algérienne brandit l’argument de l’honneur de la famille, Samia rugit : « Tu me fais chier ! J’suis pas la famille, je suis moi, Samia. » Les deux cousines finissent par se réconcilier, sur l’invitation de Malik qui clôt l’affrontement en soulignant le caractère de cochon des deux cousines et les renvoyant dos à dos ; mais entre la pensée qui fait primer le groupe sur l’individu, et la philosophie occidentale de l’individu libre et autonome, il y a un fossé difficile à combler. L’intolérance, en tout cas, n’est pas du côté de Samia, qui respecte le choix de sa cousine quand celle-ci critique le sien.
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Je respecte totalement. Je ne porte aucun jugement. » Telle est la morale de la série : nous sommes différents, nous ne pensons pas la même chose, mais nous devons nous respecter.

Extrait de: 
Plus belle la vie. La boîte à histoires, par Jean-Yves Le Naour - PUF, (2013)



Poème publié et mis à jour le: 18 aot 2018

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