Orphée, Paul Valéry
Poèmes

Orphée

par Paul Valéry

Paul Valéry

Je compose en esprit, sous les myrtes, Orphée
L’Admirable !… le feu, des cirques purs descend;
Il change le mont chauve en auguste trophée
D’où s’exhale d’un dieu l’acte retentissant.

Si le dieu chante, il rompt le site tout-puissant;
Le soleil voit l’horreur du mouvement des pierres;
Une plainte inouïe appelle éblouissants
Les hauts murs d’or harmonieux d’un sanctuaire.

Il chante, assis au bord du ciel splendide, Orphée!
Le roc marche, et trébuche ; et chaque pierre fée
Se sent un poids nouveau qui vers l’azur délire!

D’un Temple à demi nu le soir baigne l’essor,
Et soi-même il s’assemble et s’ordonne dans l’or
À l’âme immense du grand hymne sur la lyre!

Extrait de: 
1920, Album de Vers Anciens



Poème publié et mis à jour le: 03 juillet 2019

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