Poèmes

Oradour-Sur-Glane

par Nicolas Grenier

à l’orée des cieux
à l’ajour de tes yeux

dans la paume des nuages
tout l’or du monde

le temps glane la mûre à rebours
dans le bourg le vent flâne

dans le transept d’une forêt solitaire
le visage de l’innocence pleure

loin de l’adour
ne te souviens plus de rien

ni des mains qui brûlent
ni des étoiles qui se consument

ni de la mémoire qu’on oublie dans le rêve du tombeau
ni de l’air criblé dans la fenêtre du tramway

ni du crucifix dans les bras de l'automate
ni du doigt coupé qui trace sur le mur un signe avec le sang de la mort

pille l’univers
jusqu’au dernier souffle des ténèbres

le fracas
derrière la porte entrouverte

sous les rafales de pluie
à toutes enjambées

puis le silence
la vapeur de l’horreur

là où le myosotis fleurit au fond du jardin

sur le treillis
où la vigne dépérit
avec le sourire de l’archange
là où le clocher ne sonne pas

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