Poèmes

L'Inconnue du Printemps

par Louis Aragon

Louis Aragon

Les yeux rencontrés au coin d'un bazar
A quoi rêvaiem-ils ces grands yeux bizarres

Ah
Paris palpite après qu'il a plu
Plaira-t-il encore autant qu'il a plu

Dans l'eau du ruisseau des bouquets de fleurs
S'en vont effeuillant toutes les couleurs

Je verrai toujours la
Chaussée d'Antin
Ses trottoirs de
Parme au pied des putains

Les indifférents le soir et les voitures
Les voilettes d'ombre et les aventures

On faisait trois pas vers la
Trinité
Le temps d'hésiter on s'était quitté

Dans le brouhaha gare
Saint-Lazare
Pourquoi pleurent-il ces yeux de hasard

Ah
Paris
Paris tu ne chantes pas
Tu tournes la tête et traînes le pas

C'est l'heure du gaz et des imprudences
Les squares sont faits pour les confidences

C'est l'heure du gaz que n'allumes-tu
Que n'allumes-tu
Mais
Paris s'est tu



Poème publié et mis à jour le: 12 juillet 2017

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