Poèmes

Le Couloir de l'Enfer

par Mamadou Nabombo

C'est parce que je suis humain,
Que je dois faire ce pari inhumain
Qui au Nigeria ne laisse pas le temps,
À ma naissance de voir le beau printemps.

La corde qui lie le nombril,
À la chair fébrile,
Est tranchée par le peuple malien,
Sous l'avide envie du royaume azawadien.

Et lorsque l'église est en faille contre la mosquée,
On est encore soumis à l'arrachement du piquet,
Qu'avait planté le père de l'ancien Zaïre,
Mais aujourd'hui son peuple entraîné dans une ire.

Et même la terre des éléphants,
S'est divisée sous le regard hideux des enfants,
Du vieux qui pensait dissoudre la discorde,
Entre le nord et le sud par un anémocorde.

Je croyais que la guerre de trente ans est finie,
Mais les preux de la Centrafrique périssent encore,
Sous le joug des satyres restés impunis,
Et couverts par une cohorte de madrépore.

Que de sulfure porté au fer,
Au Darfour en sang,
Et qui à présent laisse le Sud sous la mer,
Et le Nord emporté par le relent.

On croyait que quelque part dans le désert là-bas,
Le Bon maitre voulait s'éterniser au trône,
Alors que son peuple se mut à merveille en bas,
Mais fut abattu par la vieille couronne.

Que de villages incendiés,
Que de hameaux dévastés,
Et toute ma petite terre asphyxiée,
Tandis que l'espoir effrité.

Mamadou NABOMBO, Une Seconde Chance, Éditions Edilivre, Paris, Juillet 2015, Page 48-49.

Extrait de: 
Une Seconde Chance

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