Poèmes

Le sourire

par Lou Mishel

Sur les plaines de mon enfance
Lorsque l'herbe folle me souriait
Pour inciter ma petite main d'innocence
A lui cueillir un coquelicot qui brillait
De son velours rouge d'insolence
A la rose qui attendait
Le butinement des abeilles pour rentrer dans la danse
Celle de la nature, dans laquelle, je m'éclipsais
Des heures entières avec insoucience
Du temps où il ne fallait pas grandir

Ce temps merveilleux
Qui fut un jour, brisé par le pire
Lorsque les plaines de la violence
Se sont mises à drainer le sang de la vie
Par la mort qui pleuvait
Petit enfant, j'ai perdu mon rire
Pour apprendre à pleurer
Sur les plaines violées
D'herbes folles piétinées
Et à mes petits pieds
Les pétales des coquelicots éparpillées

Les petits pieds se sont mis
A traverser les routes, les sentiers, les chemins
Pour devenir des grands pieds dans la vie
Et me voici, à la fleur de l'âge
Écrites des milliers de pages
Me voilà sur les plaines de mon enfance
Dont l'écho de jadis fait silence
Il est vrai qu'il n'existe encore aucun mot que celui de justice
Pour avoir sacrifié l'enfance
A devoir regarder les pires supplices
Des morts pour la patrie

Avec mon coeur en ballot
Des blés qui jadis étaient si chauds
Et que j'ai transporté , ma vie durant dans un grand sceau
Rempli de tout l'amour des miens
Et que je dépose, aujourd'hui
Au pied de l'arbre de vie
Dont aucune des branches n'a bougé
Je m'assis , en silence, la main vieillie
Déposée sur une partie de lui

Le voilà qui m'ordonne de me relever
Pour m'indiquer, d'une branche levée
Les plaines au loin ensoleillées
Et me demande de courir
Mais je suis trop vieux pour galoper !?
Vas !!!!! ............................
Tu as oublié entre les herbes folles , une chose précieuse
Il est temps qu'elle te revienne

Je parti donc en quête de ce drôle de Graal
A travers une chaleur torride

J'arrivai bientôt en plein milieu de la plaine de mon enfance
Et entouré des herbes folles qui paraissaient bien jeunes
Pour avoir connu l'enfant que je fus

Tout à coup, un éclat se soulevait , accroché à quelques rayons de soleil !

Comme c'était beau à voir........Je faisais un grand signe à l'arbre qui me répondait toujours la même chose : RAMASSES

Et je m'abaissa , même difficilement !
Et je ramassa, même sans trop comprendre ce dont il s'agissait

Les mains remplies de cet éclat magnifique et presque magique
J’avançais vers le grand arbre de vie pour lui apporter

Il me demanda de m'asseoir et de garder le silence

REGARDES !!!!!!!

Ne comprends tu pas de quoi il s'agit??

Fermes les yeux et refais le chemin de ta vie à l'envers

Maintenant, que vois tu?Où arrives tu ?

Sur les plaines de mon enfance
Lorsque les herbes folles me souriait
Pour inciter ma petite main d'innocence
A lui cueillir un coquelicot qui brillait

Et dis moi, n 'y avait il que le coquelicot qui brillait?

Non !!!!!

Quoi d'autre alors??

Il y a avait mon sourire qui brillait
Je l'ai oublié sur la plaine entre les herbes folles
Quand il m'a fallu me mettre à courir de peur
Et apprendre à pleurer les souffrances de mon peuple

Alors l'arbre de vie, lui sourit et le vieil homme s'en alla
pour planter tout autour de lui

Le sourire, apprit de son père et de sa mère
Pour le faire refleurir dans le coeur de ceux et celles
Devenus ses enfants et dans ceux de ses amis

Il venait de retrouver un bout précieux de son Algérie
Sa terre de vie
Car l'amour reçu est toujours dans quelque chose que nous portons en nous, même au plus enfoui , même au plus profond

C'est comme ça que nous devenons bâtisseurs de ponts

A Farouk Hamza ( Enfant de la guerre )

Lou Mishel

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